Présentation du Blog

•13 juillet 2012 • 4 commentaires

… Au commencement … 

Tous les textes signés I. sont de ma création; je vous serai reconnaissante de ne pas les reproduire ou de les utiliser sans ma permission et sans citer vos sources.
J’ajoute qu’ils ne sont pas publiés dans l’ordre chronologique d’écriture et n’ont pas tous bénéficiés d’une relecture approfondie. 

Cet espace est aux murmures du Temps, au miroitement de l’avenir, à la caresse du présent. Un jour, nous serons à l’orée de notre automne, dernière parure d’une vie sublime ou que nous avons rêvée comme telle.

Je rêve d’un automne au soleil sans fin, aurore et crépuscule mêlés dans cet instant où la vie et son achèvement sont la promesse que jamais elle ne cessera de renaître à elle-même.

Ici, nulles règles hormis celles de la Rêveuse du Rêve.

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Pour garantir la sécurité

•15 mai 2017 • Un commentaire

« Pour garantir la sécurité dans la continuité et la stabilité,

le monde sera bientôt réorganisée et deviendra le premier nouvel ordre mondial !

Pour une société fondée sur l’ordre et la sécurité ! »

Pour obtenir la sécurité dans la continuité et la stabilité, il faut donc créer un gouvernement unique basé sur l’ordre et la sécurité…

L’homme appelle à la sécurité parce qu’il connaît la violence sous toutes ces formes, il appelle la stabilité effrayé par les forces du chaos, et il en appelle aux lois… parce qu’il ignore comment se diriger lui-même. On ne peut demander une chose sans connaître son contraire.

Aujourd’hui, dans le bus, j’ai regardé la ville, les gens. J’ai regardé tout ce que mon regard pouvait attraper sur ce trajet, non comme une enfant innocente, non comme un alien débarqué pour la première fois et ignorant tout de nous. Je l’ai regardé avec tout ce qu’il m’a appris, et je l’ai brisé.

J’ai observé chaque personne devant moi, leur silence, leur regard dans le vague, plongé dans leur Ipad, fixé sur un point ou simplement… absent. J’ai écouté ce silence et il m’a dit ceci: je suis seule au milieu d’eux, seule à les regarder, seule à le faire. Personne ne me regarde, personne ne communique avec son environnement. Je peux les observer en toute impunité, ils sont déconnectés. Mais ce silence m’a dit autre chose: la seule chose qui nous reliait, ce n’était pas notre Humanité, c’était notre devoir. J’étais dans le bus pour aller à l’uni, d’autres pour aller au travail. Mais personne n’était là de sa propre volonté. Nous agissons poussé par notre devoir, par notre appartenance à une société qui nous agit.

Les pubs, ensuite… Comme les gens y sourient! Je n’ai jamais eu cette tête là en buvant du coca, je n’ai jamais été plus heureuse en changeant d’opérateur mobile. Et le monde n’est pas plus beau depuis que je vais chez Coop plutôt que chez Migros. Et par pitié, que les banques cessent de nous faire croire qu’elles veillent à nos intérêts! Et que les politiciens cessent de se pavaner sur leurs « pubs », ils ne sont ni crédibles ni honnêtes. Leur « continuité », on la connaît: d’Athènes à aujourd’hui, c’est les mêmes discours (cher Alcibiade), les mêmes constats (triste Mirbeau)… ponctués par quelques élus traversant les voiles de l’illusion pour en offrir peut-être une autre? Mais au moins une autre (pourquoi ne lit-on pas Spinoza avant l’université?!?).

Les pubs vendent du mensonge, ou plutôt, le monde tel qu’il pourrait être. La lumière y est belle et les personnages perdus dans un bonheur qui leur donne un teint que personnellement, je n’ai pas à 6h du matin… et encore moins à 22h en sortant du boulo. Et pour obtenir cela, il suffirait de boire du jus de fruit? Ou de changer de banque? En termes clairs: consommer le monde tel qu’on vous le donne et vous obtiendrez ce dont ces choses-mêmes vous privent! Vous n’avez pas compris ? Relisez la phrase…

Et en dernier lieu, j’ai pensé aux mots… Etude de marché, stratégie politique / marketing / sociale / publicitaire, plan social, déficit, épuration économique, dégraissage du personnel, compétition, concurrence, libéralisme, compétitivité, management, hiérarchie, subordonné, monopole, crise, pression, intérêts, conflits, rivalité, productivité etc… Et mon préféré: population active.

Nous vivons une guerre dont nous sommes les pièces détachées en costumes et hauts talons. Les industries nous renvoient ou nous embauchent au nom de la compétitivité, sélection pseudo-naturelle héritée de la nature : Balivernes !!! C’est le mensonge planétaire d’un système voulant rester à son sommet de productivité pour un maximum d’êtres en en utilisant un minimum, laissant un stress lattant ou réel planer autant sur les rebus de ce combat que sur les élus!

Nous vivons un monde fabriqué auquel on nous demande de croire… Mais ce n’est qu’un point de vue, un fichu point de vue!

J’aimerais reprendre deux idées chez Spinoza (merci wiki pour la synthèse…) :

la liberté comme étant la connaissance adéquate des causes de l’action.

la croyance au libre arbitre comme issue de notre méconnaissance des causes qui nous déterminent.

Et… la prochaine fois qu’une jeune femme vous regarde, souriez-lui. Elle ne vous observe peut-être pas pour votre belle tenue, votre coupe impeccable et tous les verres que vous pourriez lui payer. Ce n’est pas qu’à Noël que l’Homme peut montrer son plus beau visage.

Et, pour ceux qui se diraient qu’ils ont déjà entendu ma phrase « pub » du début, c’est normal. Elle est tirée du discours de Palpatine dans l’épisode III, avec deux mots de changés: Empire et République. Ce n’est que la translatio de nos valeurs dans celles de cette « fiction ». Eh oui… même Lucas peut nous apprendre sur le monde.

I.

Image: Skyrell

Vos légendes sont mon histoire

•15 mai 2017 • Laisser un commentaire

Vos légendes sont mon Histoire, et votre Histoire une illusion.

Il fut un Temps où chaque élément était une Conscience sur laquelle l’esprit dansait sa propre harmonie, rayonnant jusqu’aux confins de toute chose, de toute époque, de… Tout.

Nos mains effleuraient les ondes aquatiques quand les vôtres construisent le fer qui les pourfend désormais. Nos chants s’alliaient à la plainte des vents quand le fracas de vos vies ne lui laisse que les cimes pour pleurer son silence perdu. Notre coeur brûlait au contact de la flamme dont vous avez arraché l’âme à force d’asservissement et de haine. Quant à la Terre, qu’en dire? Plus jamais je ne l’ai entendue chanter dès lors que vous avez pensé qu’il n’était utile qu’aux rêveurs de savoir d’où l’Humanité était issue; déracinés… nous ne sommes plus guère les Enfants de la Terre mais ses exploitants.

Il n’en fut pas toujours ainsi, même si déjà au commencement, tout ce qui advient aujourd’hui était déjà semé.

I

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Qui du maître et de l’élève

•10 mai 2017 • Laisser un commentaire

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Qui du maître et de l’élève est le maître et l’élève? Qui de l’un reçoit ou donne? Qui de l’un ou des deux rayonne à l’infini ? Le maître, comme il est d’usage de le penser, serait ce soleil bienfaisant nous dispensant connaissance et donc, vie.

Mais si cela n’est pas faux, ce n’est pas non plus vrai.

Ce n’est pas tant l’enseignant qui forge l’élève par son enseignement, ce n’est pas tant l’enseignant qui définit l’être de l’élève par son enseignement : c’est l’élève, par sa manière de recevoir cet enseignement et de le vivre, qui en fera plus qu’un simple rayon, un faisceau. En réalité, le véritable guide, c’est cet élève capable de réaliser que son maître n’a trouvé de réponses que pour comprendre la valeur d’une question posée en accord avec l’état d’être, d’intention et d’émotion qui est celui d’une créature apte à recevoir ce qu’elle s’est préparée à demander.

L’équilibre entre cet élève et ce maître réside peut-être dans leur capacité à apprendre l’un de l’autre, car tout bon maître enseigne selon ce que sa vision lui a apporté, mais aussi selon celle de l’être qu’il a choisi d’éveiller. Et l’Éveil n’est pas de devenir un être qui mémorise ou duplique, mais qui apprend à apprendre. Une fois cela fait, alors devient-il capable d’enseigner à un autre cette force qui jamais ne s’éteindra…

Mais jusqu’à ce moment où de sa pensée et de celle de son maître il aura défini le contour, l’élève demeure au bord d’un précipice dont rien ne le protège hormis un rêve qu’il n’a pas encore construit, un choix dont il n’a plus que l’intuition et dont il devra avoir conscience pour l’accepter ou le redéfinir, et la main vigilante de ce guide qu’il s’est choisi et pour lequel il ne doit que le respect d’un don mutuel…

Un vrai maître ne demande pas à l’élève de devenir ce qu’il lui enseigne, mais de s’en servir pour s’enseigner à lui-même, devenant ce que le maître ne pouvait devenir. Alors le miracle se tissera dans le temps, et un esprit assez fort pour survivre face à la vie en tant qu’entité, naîtra peu à peu. Et il importe plus que tout qu’il sache recevoir, car d’une parole naissent milles conséquences, et d’un enseignement mille réceptions. Le maître n’est guide que dans l’intention, l’élève seul aura le pouvoir de se réaliser.

– Qu’importe… dit elle. Je serai fidèle à la promesse que j’ai faite à la vie: accéder à la conscience, et s’il le faut, au prix d’une vie normale, humaine, et si… rassurante dans sa conventionnalité. Si je dois être seule toute ma vie, tant pis. Et si je dois apprendre à aimer sans être amoureuse, tant pis aussi. Si je dois marcher sur les écueils de chemins invisibles, soit! Que les rêves et les illusions tombent, cette fois. J’ai encore beaucoup à apprendre, et je crois que cette fois, j’ai assez goûté de mes larmes pour ne plus me laisser à vouloir des illusions d’un bonheur si conventionnellement humain dans ce qui nous en fut appris.

Le fauve la contempla, silencieux et attentif. La légende racontait que les lions étaient les gardiens du Temps. Et pour une fois, elle ne mentait pas. Ce n’est pas dans le jour qu’une étoile révèle sa lumière, mais dans la nuit. Et cette enfant allait devoir apprendre à s’éteindre afin de savoir comment… briller par elle-même. Traverser une vallée de cendre et de larmes, y perdre chaque parcelle de son innocence pour en réaliser la puissance et la fragile beauté. Et tout cela pour redevenir telle qu’elle avait été et ne serait plus jamais, pour devenir telle qu’elle serait et n’était pas encore. Pour revenir à un choix qu’elle avait oublié… se retourner sur le Temps et comprendre, enfin. Comprendre pour renaître à ce qu’elle n’avait pu réaliser qu’en arrêtant le temps… en le traversant! Comprendre qu’en vivant ce choix qui allait la changer et dont le Portail l’aveuglait, la forçant à se quitter pour se retrouver au bout de son Voyage.

Mais la lumière, parfois, peut oublier d’être ce qu’elle est… Et c’est alors à la nuit de lui rendre ce qu’elle y a perdu, et au jour de s’effacer pour que la flamme devienne étoile!

I.

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Le potier et l’argile

•8 mai 2017 • Laisser un commentaire

Du potier ou de la glaise, lequel est responsable ? La main qui n’était pas assez délicate et agile ? La glaise trop friable ? L’eau ? Ou le cœur du potier qui n’a su battre à l’unisson de son esprit et donner vie ?

Le vase accusera le potier, le potier détruira son vase, les mains s’en prendront au cœur et le cœur à l’esprit. La glaise… rejette celui qui ne sait ni la choisir ni la façonner, matière brute, inerte et pourtant si aisément façonnable.

Aveugle et inerte, telle est l’argile, rouge ou ocre, dorée ou teintée de vert. Inaccomplie et pourtant potentielle… elle ne choisit son maître que par sa capacité à la façonner.

Et si l’Humanité est argile, fer ou pierre… Qui est son sculpteur ? Son potier ou son forgeron ?

Son nom est Légion, et l’on vous trompa si vous y voyez le mal. Nos potiers sont nombreux, et leurs visions autant que chacun d’eux. Nous avons été choisis, mais nous avons nous-mêmes été privés de ce droit au profit d’un don dont nous n’osons faire usage : nous choisir nous-mêmes comme responsables ; si nous le faisions, peut-être l’argile, le cœur et l’esprit feraient-ils une œuvre que la Vie pourrait faire perdurer… un temps. Mais surtout, nous cesserions d’êtres victimes !

L’œuvre de cette époque mène à une forme de destruction violente et douloureuse, et je gage que cette Humanité (la combientième déjà ?) tombera dans un crépuscule autrement plus douloureux que celui qui déclina sur l’éternel reflet des Anciens, vestiges intemporels. Quel est le secret de la Nature ? Son nom est Légion, miroir accusateur car n’étant qu’un reflet… et la source de ce reflet. La dualité aurait pu nous apprendre cela, que nous sommes lune et soleil, source et reflet, illusion et réalité. Et qu’entre l’être et l’existence se trouve une espace qu’il nous faut occuper… la conscience.

Ce qui advient n’est jamais inutile, réaction présente d’une cause passée… Nous n’avons pas à payer pour le passé, du moins si nous choisissons de changer de route. Ce fardeau, il est temps pour nous de l’abandonner… Nous croyons trop de choses, et cela nous pèse.

Nos potiers nous éduquent, ce qui en soit n’est qu’un chemin parmi d’autres, ni bon ni mauvais si l’éducateur est lui-même éduqué par son élève. Certes, notre situation présente mène à la ruine et à l’anéantissement, en apparence. Mais l’univers lui-même n’est-il fait que de beauté, d’harmonie et de vie ? Ce qui m’ennuie, par contre, c’est notre incapacité à apprendre de cet enseignement… et notre trop grande aptitude à nous y soumettre.

L’Humanité apprend, et c’est bien là tout le problème. Elle ne s’apprend pas, elle ne s’éveille pas, elle laisse ses dons et ses questions non plus guidés mais contrôlés. C’est un choix inconscient que je refuse, ce qui fait de moi ma plus grande ennemie.

Pourquoi certains y arrivent-ils mieux que d’autres ? Pourquoi certains se souviennent-ils ? Pourquoi certains sont-ils si doués ? Ne vous inquiétez pas, ils souffrent autant que vous, de leurs souffrances, de leurs peines… Leurs choix les y ont menés, et si vous les enviez, c’est que vous êtes aveugles à leurs chemins.

La vie, la loi – appelez cela Dieu si cela vous rassure -, répond à notre être profond. Toujours… Il vous faut donc vous trouver pour savoir si vous êtes un glaive, un bouclier, une rose ou un chant. Et ensuite, vous comprendrez que trouver cela, c’est vous libérer de votre propre limite. Limite présente uniquement pour être trouvée et agrandie, toujours et encore… à jamais. Notre prison est aussi la clef de notre liberté.

Et nos potiers continueront de nous façonner tant que nous n’aurons pas appris à apprendre.

Du maître et de l’élève, l’un voit et l’autre apprend à voir. Mais au final, ils apprennent tous les deux.

L’Humanité, jusqu’alors, a été une esclave. Les esclaves obéissent et dupliquent.

Je lui souhaite d’apprendre, afin que l’argile enseigne au potier à mieux la guider. Et un jour, le potier n’aura plus rien à façonner, et il n’aura pas à le regretter. Comme le musicien qui « travaille » son instrument, son instrument l’aura travaillé, aura taillé son esprit, son cœur et son corps. Et ils seront libres l’un de l’autre.

Alors, avant de vous gaver de réponses, cherchez autour de vous les êtres qui éveillent en vous des questions… Ce sont de bons potiers. Ils vous éveilleront de votre long sommeil.

Il y a beaucoup de choses que la société aimerait nous faire croire, et pour ce faire, elle crée des besoins. Elle n’aime pas les questions… demandez-vous pourquoi. Elle n’aime pas… demandez-vous pourquoi. Demandez-vous toujours…

« Rien n’est vrai, tout est permis »: ca, c’est une phrase parmi tant d’autres qui va tellement contre notre système d’éducation que le simple fait d’y réfléchir, c’est lutter, c’est chercher, c’est… vivre.

Et quand un enfant vous demandera pourquoi 1+1 = 2, ne riez pas. Dites-vous qu’il est simplement un bon élève et vous un enseignement pétri de certitudes.

Alors, cherchez des réponses à des questions qui vous dérangent. Et surtout, ne vous attachez pas aux réponses pour elles-mêmes. Elles changent autant que vous!

Savez-vous quoi faire de vous? Et… que vous avez besoin de vous?

I.

Image: Anndr

Pions

•8 mai 2017 • Laisser un commentaire

 

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Parmi les Puissants de ce monde – votés ou non-, à qui nous avons cru bon de donner notre pouvoir de décision et la bonne gestion des peuples et des ressources de la Terre, il en est certains qui se rient de nous.

Car il est si facile d’offrir des solutions à des problèmes qu’on a soi-même mis en place, avec une patience allant bien au-delà d’une simple génération. Nous avançons, tels les pions aveugles d’une partie d’échec dont les Maîtres guident des pièces qui ne savent même plus qu’elles sont manipulées, qui ont oublié ce qui pouvait leur permettre de dire « non » et de faire des choix qui soient véritablement les leurs.

Nous croyons à une histoire simple, racontée depuis notre plus tendre enfance. C’est l’Histoire d’un passé qui n’a rien du conte dont on nous bassine, l’histoire d’un système que nous pensons être issu de nos choix, l’histoire d’une politique soi-disant démocratique mais qui nous échappe, l’histoire d’une vie qui commence par l’éducation et s’achève par une retraite dont il semble de plus en plus que bien peu en profiteront.

Dans l’Antiquité, l’esclavage se voyait aux fers et aux coups, à ce regard éteint et à cette soumission servile et abjecte. Le Moyen-Âge évolua, si l’on puit dire, vers le système de protectorat d’un seigneur offrant son épée et son bouclier en échange d’un servage qui laissait les paysans illettrés et souvent affamés, victimes de guerres dont ils n’avaient cure, désarmés devant la toute-puissance d’une Eglise édictant tel Dieu, les  lois des hommes et de leurs pensées.

Mais aujourd’hui, alors qu’enfin le Peuple est au pouvoir, notre chaîne est invisible. Ce sont nos impôts, c’est l’économie dont nous « dépendons », le chômage qui traîne à nos portes, la misère qui ronge chaque pays, s’incrustant même dans l’Europe et faisant trembler les USA.

Mais hormis ce que nous subissons, nous… rien de tout cela n’est réel. Cette situation découle de choix que nous n’avons pas fait, de choix qu’on nous a fait voter alors qu’en arrière-boutique, certains préparaient ce monde tel qu’il est aujourd’hui, pour des buts connus d’eux-seuls, des buts que nous pouvons commencer à percevoir par la manière même dont ils nous traitent ! Et ils nous traitent comme ils nous ont appris à traiter la Terre et ses créatures : comme du bétail !

Et comment y parviennent-ils ? En nous racontons une histoire à laquelle nous finissons par croire, car génération après génération, nous perdons les racines de notre passé et oublions d’où nous venons et qui nous sommes.

Aujourd’hui, ils nous gouvernent avec l’une des formes ultimes de la violence, cachée sous la volonté de nous faire croire que la situation actuelle découle de notre nature humaine, cachée sous cette idée fallacieuse que nous avons besoin d’être gouverné, que d’autres savent mieux que nous ce que nous devons penser, comment nous devons vivre, nous soigner, nous nourrir, élever nos enfants ou nous éduquer.

Ils ne nous gouvernent pas, ils nous aliènent. Ils ne nous élèvent pas, ils nous cultivent. Ils ne nous apprennent qu’une seule et unique chose : à croire… et à devenir un peuple s’abaissant à penser et exister selon une courbe dédiée à un profit dont nous ne profitons jamais ! La violence dont ils font preuve est la dernière vaccination dont nous seront victimes avant de réellement leur donner le contrôle de notre esprit et de notre corps ; cette violence tient en quelques mots, si anodins : nous le faisons pour votre bien.

Ce qu’ils craignent est aussi simple que leurs méthodes sont complexes : nous, et plus que nous, le pouvoir de nos questions.

I

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Ygora

•8 mai 2017 • Laisser un commentaire

.Open the duir by NaIniE

Je ne l’ai jamais vue, jamais entendue. Elle était la reine de son royaume auquel quelques élus étaient conduits par ses murmures et l’éclat cristallin de son rire. Murée de silence et envoutante dans sa solitude, esquisse d’ombre et lumière furtive, elle brillait dans la danse tourbillonnante des feuilles

d’automne dont les flammes disputaient au soleil sa parure d’or et de bronze. J’ai marché sur ses traces, contemplé ses fresques et bu à ses lèvres des mots dont elle seule pouvait tisser la magie.

Je ne l’ai jamais vue, mais le voile devant mes yeux s’est levé. Je n’étais plus seule, je pouvais rire et pleurer de la beauté d’une rivière, en raconter la tragédie et les amours, imaginer ces histoires qui nous quittent avec l’enfance avant que nous les quittions.

Je ne l’ai jamais vue, mais c’est elle qui m’a rendu mes rêves et l’odeur des forêts, leur donnant cette vie qui se tapit entre l’imaginaire et une curiosité tintée d’innocence.

Elle écrivait et dessinait ces landes et les histoires qu’on m’avait volées. Elle écrivait l’impossible d’une réalité aussi morne qu’un été sans soleil. Mais nous l’avons trahie. Nous tous, autant que nous sommes. Qui aurait pu penser que notre mesquinerie pouvait venir à bout de son rêve ? Que sa plume et sa magie ne pourraient plus nous atteindre ?

J’ai pleuré en mon cœur le sourire triste et la solitude de la Clairière dévêtue et nue sans sa Dame. Sa magie nous avait tous touché, mais qui en avait vu la tendre beauté ? La fragile danse ? Et le murmure ?

Ô Dame ! Jamais je n’oublierai tes dons, ils ont ouvert cette boîte cachée dans les abimes de mon enfance, quand une pierre recelait l’histoire du monde et un oiseau les secrets de mon avenir.
La Clairière et sa Dame sont l’automne que j’attendrai toute ma vie, et le lieu qui m’a donné la force de croire que tout était encore possible.

Que rêver n’était pas un crime mais le plus beau des dons.

Que la réalité n’était que la surface des eaux, un triste gel qu’un souffle et un sourire pouvaient faire éclater.

Que les mots pouvaient ressusciter les cendres enfouies sous l’amas de déceptions que peut devenir notre existence tristement fonctionnelle.

Ô Dame ! De solitude et de silence sont ciselées tes pensées, de mélancolie s’esquisse ton sourire, et derrière ton regard s’ouvre les portes d’Ygora.

I.

Image : Nainie

Quête

•7 mai 2017 • Laisser un commentaire

Kain by wlop

Le jeune chevalier avait marché longtemps sous la neige puis le soleil de braise, bravant les pluies torrentielles et les tempêtes, et tout cela pour trouver un fan-tôme. Il avait beau demander, supplier ou menacer, mais comment chercher une ombre sans nom ni visage ? Son seigneur n’avait dit que cela : « si tu cherches, alors elle trouvera le chemin à toi: elle a seulement besoin d’être appelée et qu’on trouve jusqu’à elle la raison de sa présence ». Sans doute un trait de pensée, mais qui pour lui devenait un véritable cauchemar… Il ne lui avait même pas dit quand revenir ! Un sac de voyage avait été préparé, une monture robuste et de quoi subvenir à ses besoins, et en quelques instants, sa vie monotone le trouvait changé en chevalier de quête ! Fou, son maître était devenu fou! Il en venait même à se demander ce qu’il faisait là, à lui obéir alors qu’il avait à sa ceinture une véritable fortune : de quoi vivre tranquillement toute une vie au lieu de gâcher sa jeunesse à courir les routes, traverser milles danger pour chercher… une femme.

Les habitants avaient dû le prendre pour un dérangé, mais malgré cela, il ne pouvait cesser sa quête, comme si parmi toutes les choses qui lui avaient donné goût à la vie, elle était celle qui pourrait le mener le plus loin. Alors, pestant et maudissant sa propre bêtise, il marcha de village en village, de contrée en contrée. Puis un jour, assis au bord d’une route de sable et de soleil, harassé, il pleura. Après ces heures, ces journées, ces années, il avait perdu le but de sa quête, cherchant de plus en plus le but de sa présence, sa raison d’être à lui. Il n’avait même pas pu ramener celle qu’il avait nommé « L’Ombre », il ne servait ni à lui ni à personne. Seul, abandonné même de lui-même, il se confia au cours du fleuve de la vie. Ses larmes se tarirent, son cœur emballé retrouva son battement lancinant. Il venait de décider de rentrer chez lui, auprès de son seigneur. Il lui dirait qu’il n’avait trouvé que le vent et la ruine, la beauté et la richesse. Mais qu’à chercher une ombre, il s’était perdu lui, avec sa vie, ou du moins ce qu’il pensait être sa vie…

Le Chevalier se leva, remit son sac sur ses épaules et faillit buter contre la silhouette frêle qui se tenait sur le chemin. Une jeune fille se trouvait là, vêtue de voiles, comme une femme du désert dans lequel il voyageait depuis quelques semaines. Elle venait du sens opposé à sa propre route, tracée sur les dunes. Ses cheveux ondulaient sous le vent. Pris d’une inspiration soudaine, un dernier espoir peut-être, il lui demanda si elle n’avait pas vu une jeune femme, de passage, et qui serait repartie loin… Elle éclata de rire, et il sursauta, comme éveillé du rêve silencieux du désert.

– Toi, l’étranger, que fais-tu à chercher une illusion ? Mais qu’importe, je connais quelqu’un qui ressemble à cette ombre, lui dit-elle soudain devenue grave.

Rempli d’espoir, le chevalier la supplia de lui dire son nom. Sa quête, ces années, serait-il enfin libéré de cette puissance qui l’avait forcé à trouver cette ombre ?

– Il n’est pas de nom pour cette personne, étranger, il en est des milliers. Toi, qui as si longtemps cherché les pas d’une étrangère fuyant ta quête, tu me vois aujourd’hui, revenant d’une quête semblable à la tienne, revenue ici pour te relever, étranger, car sans doute t’es-tu autant cherché toi-même que cette étrangère.

Le Jeune chevalier était comme choqué. Choqué qu’elle le connaisse si bien. Choqué qu’après tout ce temps, il n’ait pu comprendre.

– Je ne… comprends rien, demoiselle ?

Arina, je m’appelle Arina, dit-elle d’une voix douce, presque maternelle. Et je viens d’au delà des dunes. J’ai aussi cherché une ombre, puis l’ayant trouvée, je suis…

– Tu as trouvé l’étrangère ? La coupa brusquement le valet.

Le valet était si innocent. Arina rit, balayant la poussière et les souffrances du jeune voyageur.

– Ami, c’est toi-même que ton seigneur t’a envoyé chercher, espérant que dans la quête d’une ombre, tu trouves plus que cette illusion à poursuivre. Je suis l’étrangère, pour toi. Tu as suivi le parfum de mes pensées jusqu’ici, oubliant tout de toi, renaissant à ton présent, ton avenir. Vois, au-delà des dunes : la mer scintille, et plus loin les montagnes se tintent sous l’aurore. Tu n’aurais pu me trouver, je me serais cachée aussi longtemps que tu m’aurais pourchassée. En t’arrêtant, tu m’as permise de venir à toi, enfin. Maintenant, retourne où bon te semble, et ne cherche plus les ombres, elles n’existent que pour te perdre, et ne te servent que lorsque tu as compris leur nature…
– Mais, tu es réelle ? N’est-ce pas ? s’inquiéta le fidèle chevalier.
– Je le suis autant que tu l’étais, mais demain, j’aurai disparu, emmenant avec moi un chevalier, alors que toi tu retrouveras le chemin de la réalité, la tienne seule. Et peut-être un jour emmèneras-tu quelqu’un sur la voie que tu as ouverte.

Arina posa une dernière fois son sourire sur le visage de l’étranger, puis quitta son monde pour rejoindre le sien, le laissant à ses questions, face à cette personne inconnue qu’il avait cru chercher ailleurs qu’en lui…

I.

Image : wlop

 
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